L'histoire des montres Vacheron Constantin
En 1755,
lorsque Jean-Marc Vacheron fonde ce qui va devenir Vacheron Constantin, les pratiques commerciales sont différentes de celles d’aujourd’hui. Le jeune homme a mis longtemps à se former en tant que maître horloger puis à faire ses preuves dans son métier. Pour commencer, un artisan comme lui doit trouver un local convenant à son atelier en plus d’un logement pour sa famille et ses apprentis. Les horlogers genevois, qui s’appellent eux-mêmes Cabinotiers ont l’habitude de s’établir les uns près des autres dans la partie la plus ancienne de la ville, formant ce qu’on nomme à l’époque La Fabrique. Pour bénéficier aussi longtemps que possible de la meilleure lumière zénithale, ils installent le plus souvent leur atelier au dernier étage des immeubles.
Au XVIIIe siècle,
pour commander une montre ou vérifier leur dernière commande en cours de fabrication afin qu’elle respecte bien leurs désirs et leurs directives, les clients des Cabinotiers se rendent directement à l’atelier du maître horloger. Mais avec le temps et le développement des affaires, il devient de plus en plus incommode d’imposer aux clients de gravir tous ces escaliers et d’encombrer l’atelier. On aménage donc une réception pour la clientèle au premier étage. On peut y discuter et négocier en paix, en toute discrétion – avantage fort apprécié, surtout lorsque la discussion porte sur des complications particulièrement originales ou dispendieuses que crée le maître horloger. Cette discrétion est bien entendu toujours d’actualité aujourd’hui.
Réception de la clientèle au premier etage
En 1843,
après plusieurs années passées près du quai des Bergues, Vacheron Constantin installe ses ateliers à la Tour de l’Ile, survivance du palais fortifié construit au XIIIe siècle par l’évêque Aymon de Grandson pour contrôler le point de passage naturel que formait cette île sur le Rhône.
Bien connue des Genevois, la Tour et la grande horloge qui orne depuis longtemps sa façade forment un bel hommage aux métiers du temps. La Tour de l’Ile offre ainsi à Vacheron Constantin bien plus d’espace qu’elle n’en avait eu jusqu’alors - avec trois étages d’ateliers et un appartement au premier étage. Selon les usages de l’époque, l’appartement du premier est transformé en local de réception où les vendeurs et les maîtres horlogers de la Maison passent de longues heures à décider des détails de certains travaux en cours, à présenter l’état d’avancement des commandes et à négocier les ventes.
Mais après quelque temps, même les locaux de la Tour de l’Ile s’avèrent trop exigus pour s’accommoder de l’expansion des affaires. Jean-François Constantin donne donc mandat à l’architecte Élysée Goss pour créer un immeuble sur mesure pour Vacheron Constantin, au 1, quai des Moulins, sur l’Ile, à quelques pas de la Tour. Terminé en 1875, il est témoin de grands moments de la vie de la Maison. Au fil des années, d’innombrables personnalités de tous les horizons empruntent l’escalier menant au premier étage du siège social «en l’Ile» de Vacheron Constantin pour y exposer leurs besoins, ou leurs rêves, en matière d’horlogerie.
Chefs d’État en visite
Avec leur bon sens habituel, les responsables de l’entreprise conviennent qu’il est encore plus pratique d’accueillir la clientèle directement au rez-de-chaussée.
En 1906,
la Maison engage l’architecte Bettinger pour aménager une boutique au sein même de l’immeuble de la rue des Moulins afin d’exposer et de vendre ses réalisations dans un cadre approprié.
Le premier août 1906,
La première boutique Vacheron Constantin ouvre ses portes, jour de la Fête nationale suisse. Elle réserve aux Genevois et à leurs hôtes de passage le spectacle de ses créations disposées avec art dans des vitrines de plain-pied avec la rue des Moulins. À peine 150 ans après sa fondation, la Maison offre à Genève l’une de ses toutes premières boutiques strictement horlogères.
Tout au long de son siècle d’existence, la Maison Vacheron Constantin sait s’adapter aux profondes évolutions de la société. Elle aura connu l’époque des grands voyageurs et des explorateurs ainsi que de leurs besoins en précision durable. Elle aura vécu l’époque de la Société des Nations puis des Nations Unies et l’affirmation de Genève en tant que ville internationale accueillant les diplomates du monde entier.
De nombreux Chefs d’État– le roi Farouk d’Égypte (fils du Roi Fouad déjà grand amateur de garde-temps signés Vacheron Constantin), l’Aga Khan et sa famille, les maharajahs de Patiala et de Baroda, Edward prince de Galles, le Prince Akihito (actuel empereur du Japon)... auront franchi le seuil de l’élégante boutique pour y choisir le garde-temps de leurs rêves. Des modèles sont aussi offerts à des pionniers de l’aviation ou à des militaires distingués, d’autres encore présentés en commémoration d’événements marquants, de tours de force ou de records mondiaux.
Le berceau de Vacheron Constantin
En 2004,
Vacheron Constantin inaugurait sa nouvelle manufacture de Plan-Les-Ouates, d’une architecture contemporaine aussi audacieuse que raffinée signé Bernard Tschumi, tandis que l’architecte Eric Maria recevait le mandat de procéder à la rénovation complète du berceau de la Maison Vacheron Constantin en l’Ile.
Aujourd’hui,
tandis qu’au rez-de-chaussée, l’atmosphère feutrée, calme et raffinée permet aux visiteurs de découvrir confortablement les collections actuelles, le premier étage de la Maison est consacré au patrimoine de Vacheron Constantin avec ses innombrables et splendides trésors du passé.
Les visiteurs privilégiés peuvent ainsi y découvrir les secrets de l’univers historique et unique de la maison : expositions de documents d’archives, outils anciens souvent inventés sur place, montres et mécanismes d’époque, projections de films présentant les Métiers d’Art si chers à Vacheron Constantin...
C’est ici qu’ils pourront aussi apercevoir le travail de maîtres artisans concentrés à la restauration de pièces anciennes ou à la fabrication de commandes spéciales… des maîtres artisans qui occupent les établis de la Maison en l’Ile au cœur de Genève depuis maintenant plus d’un siècle.


